Liberté, égalité, maternité

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Billets d'humeur, pensée du mois, sciences sociales

Jamais je n’aurais pensé écrire un tel billet. Mais voilà, tout un tas de circonstances m’ont poussée récemment à enquêter sur le sujet de la place des femmes en science. Cette enquête s’est révélée passionnante et surtout effarante.

Naïve comme une jeune fille, je pensais que l’égalité homme-femme était un droit acquis depuis longtemps. En tout cas, je prônais l’égalité dans une attitude fière : ne jamais montrer ses faiblesses, ne jamais se poser en victime car, pensais-je, cela portait préjudice aux femmes de vouloir reporter la culpabilité sur les autres plutôt que sur elles et leurs compétences. Aussi, il y a quelques années, lorsque pour la première fois en thèse de mathématiques appliquées, je subissais une différence de traitement, minime, je tentais de justifier cet acte par mes moindres compétences en recherche. En fait, c’était tout bêtement parce que le monsieur en question était maladroit avec les filles. Dans un domaine où j’ai toujours fait partie des 10%, il n’est peut-être pas étonnant de rendre mal à l’aise les hommes. Seulement c’était la vraie première fois que ça me touchait particulièrement. Et il m’en a fallu du temps pour comprendre que le vrai problème c’était mon sexe. Ma première remarque fût alors «Oh, ce n’est que ça … tout va bien alors ! ». Des années plus tard, je rectifie le tir : non, tout ne va pas bien. Explications.

 

Bienvenue dans la vraie vie des femmes- extrait (référence en bas de l’article)

1971, c’est l’année où il y a pour la première fois autant de bachelières que de bacheliers. L’éducation, enfin accessible aux jeunes filles depuis quelques années, leur donnent des ailes. Elles rêvent toutes d’une carrière épanouie et d’une liberté financière. Mais voilà, même si il y a autant de filles que de garçons qui font des études, voire même qui réussissent mieux, elles restent invisibles dans le monde du travail, cantonnées en bas de l’échelle hiérarchique et dans les petits salaires et les mi-temps.

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Pour ne s’en tenir qu’au monde académique, en 2013, 67% des chercheurs CNRS sont des hommes. Ce chiffre n’a pas bougé depuis 1999 ! Et si on s’intéresse aux disciplines qui sont les miennes : 83% des mathématicien(ne)s CNRS sont des hommes. A l’université ce chiffre atteint 86% pour les maths purs et 73% pour les mathématiques appliquées. Les mathématiques et l’informatique sont particulièrement mal lotis, puisque dès le début des études on y trouve moins de filles. Mais même dans les disciplines «féminines» telles que la biologie, le nombre de femmes se réduit à peau de chagrin plus les postes sont à haut grade et à responsabilité. En 2007, 81 % des postes de directeurs de recherche ou de professeurs (CNRS + université), toutes disciplines confondues, sont occupés par des hommes.

Pourquoi ? Il nous faut toute une armée de sociologues, psychologues et biologistes pour comprendre.

Réglons la question de la biologie rapidement :

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On observe davantage de connexions intrahémisphériques chez les hommes (en haut, en bleu), mais plus de connexions intrerhémisphériques chez les femmes (en bas, en orange). © Ragini Verma et al., université de Pennsylvanie

Catherine Brandner, chercheure au Laboratoire de Recherche Expérimentale sur le Comportement (LERB) de l’Université de Lausanne, résume les conclusions de différentes recherches visant à étudier les différences biologiques et cérébrales entre les sexes : «Il est important de relever que les résultats des études comportementales indiquent que les femmes et les hommes sont égaux quant à leur capacité à résoudre des problèmes. Cependant, leur manière d’y parvenir repose sur des stratégies cognitives différentes, et ces différences semblent reposer sur le dimorphisme du substrat cérébral. Dans ce contexte, l’apparition de la reproduction sexuée (eucaryote) et les différences sexuelles qui en découlent est une source formidable de variation de l’expression des gènes, laquelle du point de vue de la théorie de l’évolution est fondamentale pour expliquer l’adaptation des organismes (par le biais des mécanismes de la sélection naturelle et sexuelle) aux changements de l’environnement au fil des générations.»

En d’autres termes, femmes et hommes ne sont pas égaux biologiquement parlant, mais tout aussi capables de résoudre des problèmes. Nos différences sont des richesses pour l’évolution et devraient être considérées en tant que telles. D’ailleurs, nous pourrions nous offusquer de tant d’énergie passée à étudier nos différences biologiques. Car, quand bien même il peut y avoir des différences entre sexes (et il y en a, évidemment !), cela ne justifie en rien les discriminations envers les femmes qui enfreignent des principes moraux fondamentaux de justice et d’équité.

Nous n’avons pas trouvé d’explications des inégalités hommes/femmes du côté de la biologie. Alors ? Pourquoi moins de femmes scientifiques ?femmes_et_sciencesxkcd

Credits : Xkcd

La parole est maintenant à la psychologie sociale et cognitive. L’éducation et la société poussent les jeunes enfants, dès la naissance, à adopter des comportements adéquats selon le rôle social que l’on attribue aux femmes ou aux hommes. L’influence des autres, les normes, les préjugés et stéréotypes modifient nos comportements et nos jugements, bien souvent de façon inconsciente. Par exemple, des études montrent que les filles réussissent mieux des tests de géométrie si on leur dit que c’est du dessin. C’est le rôle des chercheurs en psychologie sociale de révéler ces automatismes et stéréotypes.

L’éducation joue un rôle plus important qu’il n’y paraît. Ainsi, la mixité des écoles semble ne pas suffire pour atteindre l’égalité. «Le sexe marque les parcours alors que l’institution scolaire se veut neutre et ne tolère aucune discrimination», affirme Marie Duru-Bellat, sociologue à Sciences Po et chercheure à l’Observatoire sociologique du changement. Elle pense aussi que mêler filles et garçons dans les classes poussent les élèves à devoir prendre un rôle et à se conformer aux stéréotypes. Les filles se mettent plus facilement en retrait, laissant la place aux garçons. Les enseignants interrogent plus souvent les garçons et leur font plus de retours positifs ou négatifs. Bref, les filles apprennent à faire moins de bruit, à être dociles et moins ambitieuses. La preuve est que dans les classes non mixtes, les filles se sentent plus en confiance et réussissent en général mieux, en particulier dans les disciplines habituellement connotées comme masculines. Et du côté des classes purement masculines, l’ambiance entre garçons est plus compétitive, plus brutale, plus agitée aussi, et les comportements anti-scolaires s’y développent plus aisément. A croire que ce sont les garçons qui ont besoin des filles et non l’inverse !

Paradoxalement, les filles ont une meilleure réussite scolaire que les garçons, jusqu’à l’université. Représentant 60% des diplômées, elles font plus d’années d’étude et elles sont plus nombreuses à travailler. Tout s’inverse pourtant lorsqu’il s’agit de carrière professionnelle.

Pourquoi ? Place à la sociologie !

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Si les stéréotypes attrapés dans les cours d’écoles ont la vie dure, c’est qu’ils reflètent la réalité d’une société inégale. Par exemple, les garçons peuvent s’identifier à de nombreux exemples masculins : père qui travaille, chercheurs reconnus, grands écrivains. Mais les exemples féminins sont occultés. Peu de femmes créatrices, dans tous les domaines des sciences et de la culture, sont mentionnées dans les diverses disciplines. Par contre, maman reste à la maison pour garder les enfants. Les filles baignent dans une société qui privilégie la carrière masculine et la maternité féminine. Et tout se passe comme si les filles intégraient très tôt qu’elles allaient être mères et orientaient leurs carrières en conséquence.

Même si elles s’investissent avec passion et engagement dans des carrières plutôt masculines, telles que la recherche, lorsque c’est l’heure d’entrer dans la vie active, elles sont plus nombreuses à changer, à arrêter. Alors même qu’elles ont accès à des carrières passionnantes et bien rémunérées ! En recherche, par exemple, même après avoir imposé que les jurys de recrutement et de promotion soient composés de plus de femmes, les inégalités demeurent car tous les critères de jugement sont des critères basés sur le pouvoir et la réussite individuelle alors que les femmes privilégient l’épanouissement personnel, le travail d’équipe et l’éducation des enfants. Soit elles choisissent de fonder une famille avant d’avoir un poste de fonctionnaire, ce qui met un frein à un recrutement futur, soit elles choisissent de le faire après, ce qui met un frein à une évolution de carrière. En bref, les femmes sont poussées à trouver des compromis entre famille et carrière. Peu d’hommes sont face à de tels choix.

Le manque de reconnaissance (salariale et sociétale), le manque de moyens mis en œuvre pour la garde des enfants (60% des enfants de moins de 3 ans sont gardés par les femmes, pourquoi pas les hommes ? ), les différences de valeurs, la nécessité d’être mobile géographiquement et l’isolement sont autant de bâtons mis dans les roues des femmes pour les décourager. Ajouté à cela les tonnes de stéréotypes emmagasinées depuis la plus tendre enfance et vous obtenez une fuite des femmes vers des métiers plus féminins, avec moins de responsabilités et plus de temps partiels.

Si les femmes perpétuent inconsciemment les inégalités, les hommes continuent à en profiter grassement et il n’est pas vraiment dans leur avantage de faire bouger les choses. Vraiment ? La société défavorise les personnes, femmes ou hommes, dont les aspirations et les comportements ne se conforment pas à un modèle de réussite traditionnellement masculin. Les garçons pourraient y gagner à vivre dans un monde où ils n’ont pas à devoir réussir en maths ou en physique pour être considérés. Ils devraient réaliser que la diversité est essentielle, surtout dans les milieux créatifs et en recherche, que les femmes apportent d’autres valeurs et favorisent le travail en équipe. Les femmes, quant à elles, plutôt que de vouloir copier le modèle masculin, devraient inventer une autre société, modifiant la définition du pouvoir et harmonisant les rôles.

 

Il est important de noter que la résorption des inégalités est un objectif national.  Plusieurs évolutions juridiques et réglementaires survenues depuis 2012 ont permis des dispositions relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes. Aussi les instituts de recherche et universités font de réels efforts. Le CNRS, par exemple, est très transparent (voir le Bilan social en référence) et possède une mission pour la place des femmes au CNRS depuis plusieurs années qui est un observatoire œuvrant pour l’égalité professionnelle et chargé d’impulser, de conseiller et d’évaluer la prise en compte du genre dans la politique globale de l’établissement.  Cependant, il reste encore beaucoup de pain sur la planche pour des associations comme Femmes et Sciences. Et lorsque je me rappelle mon attitude fière et naïve des années précédentes, l’attitude d’une jeune fille qui pensait que l’égalité était là depuis longtemps, je saisis toute la difficulté de cette problématique. Ce qui apparaît profondément injuste m’a pourtant paru normal durant des années ! Il ne s’agit pas, bien sûr, de se poser en victime mais plutôt d’avoir conscience de l’importance de ces inégalités, de les accepter pour mieux s’en détacher et les combattre, si possible, ensemble entre femmes et hommes. En ce qui me concerne, je pense maintenant qu’être présente en tant que femme scientifique est une raison supplémentaire qu’ont les filles de choisir ce métier passionnant qu’est la recherche.

Pour aller plus loin, je vous encourage fortement à visionner cette petite vidéo : http://www.universcience.tv/index.php/player-html5-fd6fac5979fbe56a17c0084901a68459.html

et à vous documenter en long en large et en travers :

Références : Documentaire complet Bienvenue dans la vraie vie des femmes  (1h15)

Bilan social du CNRS
Statistiques Femmes et maths
Les femmes sont toujours sous-représentées dans le monde scientifique

Biologie, neurosciences – Petite histoire naturelle des différences sexuelles, Discours complet de Catherine Brandner, chercheure au Laboratoire de Recherche Expérimentale sur le Comportement (LERB) de l’Université de Lausanne ici

Le sexe du cerveau, pourquoi Catherine Vidal a tort

Hommes grands, femmes petites : une évolution coûteuse.

Les régimes de genre comme force sélective de l’adaptation biologique.

Les hommes et les femmes sont ils égaux face aux mathématiques ?

Ce que la mixité fait aux élèves, Marie Duru-Bellat Genre et pratiques scolaires : comment éduquer à l’égalité ?

Michelle Schatzman, « Plafond de verre » — Images des Mathématiques, CNRS, 2010.

Tenure or Family ?

et toujours le fameux Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses.

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12 thoughts on “Liberté, égalité, maternité”

  1. Jonathan dit :

    Bonsoir !
    Très intéressant votre article, en tant qu’homme j’avoue avoir du mal à savoir quoi faire, même je ne suis pas dans le domaine scientifique mais en mécanique. Je suis mécanicien de précision, et pour travailler avec quelques femmes, quoi que très (trop) peu, je peux affirmer qu’elles sont bien meilleures que beaucoup de mes collègues masculins (même si mon échantillon de mécaniciennes est très faible).
    Pour ce qui est de la mécanique, il me semble que c’est plutôt les amies des mécaniciennes en question qui exercent (peut-être sans faire exprès) une pression sur elles, parce qu’elles sont différentes, qu’elles font un job « d’homme » et qu’elles sont en salopettes de travail pas hyper sexy…
    Bref, tout ça pour dire qu’il y a du travail pour changer tout ça, j’espère qu’un jour on pourra choisir sa vocation en fonction de ses « vraies » envies et pas d’autre chose !

  2. nathalie dit :

    Bonjour

    je pense que pour avancer sur ce sujet il faudrait une analyse plus détaillée.
    Par exemple deux points sont abordés dans cet article, qui relèvent d’une problématique différente:
    – (1) peu de femmes choisissent de faire des études scientifiques (ce peut être un IUT d’électronique)
    – (2) les femmes occupent moins souvent des postes très bien payés/prestigieux (c’est vrai dans différents domaines).

    Bien comprendre les mécanismes à l’oeuvre permettrait de bien cibler les actions. Par exemple des associations comme Femmes et Maths vont faire des journées d’information chez les lycéennes pour agir sur le point (1) (et encore je ne suis pas sûre qu’on mette en avant les études à l’IUT…?). Il est à craindre qu’une bonne partie des jeux soient déjà faits à l’âge du lycée. Les résultats de PISA montrent en effet que la proportion de garçons est sensiblement plus élevée dans le groupe des élèves ayant les meilleurs résultats en maths. Les lycéennes qui choisissent médecine, droit ou une école commerciale ne font alors que maximiser leurs chances de réussite. Les filles qui choisissent une prépa scientifique s’en tirent globalement moins bien : il est frappant de constater qu’il y a plein de filles au Mines d’Albi (intitulé pas follement féminin) et très peu à Polytechnique. Il faudrait donc agir beaucoup plus tôt au niveau de l’école primaire, par exemple en renforçant le poids des matières scientifiques au concours (?) ou en tous cas en ciblant les actions sur les enseignantes de primaire.

    Le point (2) est encore plus compliqué. Je ne suis pas d’accord quand vous écrivez « Par contre, maman reste à la maison pour garder les enfants. Les filles baignent dans une société qui privilégie la carrière masculine et la maternité féminine. » En France d’après les chiffres la majorité des mères travaillent, par choix ou par nécessité, et la maternité est en fin de compte peu valorisée dans notre société. La plupart des médias (films, journaux, livres…) donnent une image ringarde et attardée de la femme au foyer, on insiste sur l’absolue nécessité de fournir un mode de garde dès les 2 mois de l’enfant pour que la mère retourne le plus vite possible au travail, et sans vraiment se pencher sur le point de vue des intéressées. Je doute qu’on ait encore beaucoup à gagner du point de vue des stéréotypes.

    Et concernant les carrières académiques je trouve qu’on est dans une situation frôlant la schizophrénie : d’un côté il y a l’augmentation de l’âge du recrutement, l’obligation de faire des années de postdoc avec un statut très précaire, l’injonction à l' »excellence », la course effrénée au prix Machin ou à la bourse Truc, la nécessité d’empiler qualification sur HDR, et de l’autre côté on se demande pourquoi diable les candidats qui n’ont pas leur carrière comme unique valeur dans l’existence sont quelque peu désavantagés.

    • Merci pour votre commentaire. Oui, bien sûr, mon analyse n’est pas détaillée.
      En ce qui concerne plus particulièrement le point 2, vos remarques sont très justes et je ne me suis pas très bien exprimée. La société priviligie les carriéristes en général. Et peu est fait pour valoriser le travail domestique. Cela a pour conséquence indirecte de dévaloriser les femmes. C’est un point important, je trouve. Cela souligne le poids des valeurs de la société dans la construction des parcours individuels. La solution idéale serait non pas de créer des femmes carrièristes mais d’aller vers une société qui valorise aussi bien le travail que le travail à la maison, le travail associatif etc… Espérons que la participation de plus en plus grande des hommes à la garde des enfants ou au tâches domestiques fasse bouger les choses.
      On retrouve ce problème dans le monde académique qui plutôt que de valoriser le travail d’équipe, met l’accent sur l’ « excellence » individuelle. Alors qu’on sait très bien que le tout est plus que la somme des parties. Si l’on n’adhère pas à ces valeurs, il paraît parfois tentant de quitter le monde de la recherche. Mais je ne veux pas faire une critique trop négative du monde académique qui reste une formidable opportunité, et permet en général une grande flexiblité favorisant la vie de famille.

      Pour le point 1 et l’attrait des filles vers le milieu scientifique, je sais que c’est un des enjeux de nombre d’associations telles que Femmes et Maths ou Femmes et Sciences. Il me paraît, à moi aussi, évident de commencer dès la primaire et sensibiliser les enseignantes et enseignants 😉 de primaire. Mais aussi les parents.

  3. Beau billet !
    Juste 2 remarques :
    – le titre de ton billet est justement le nom d’un excellent blog d’une sage femme dans l’humanitaire… A lire, même si cela n’a rien à voir ici ! 😉
    – Sur la présence, ou plutôt l’absence de femmes en mathématique ainsi que dans d’autres domaines prestigieux, un article intéressant est paru dans Science, dans lequel il est montré que les femmes étaient d’autant moins présentes dans une discipline que celle-ci apparaissait comme attendre de la « douance » personnelle (et innée) de la part de ses représentants… (j’en avais fait un billet là : http://pourquoilecielestbleu.cafe-sciences.org/articles/science-et-genre-3-les-stereotypes-sur-les-femmes-font-mauvais-menage-avec-ceux-sur-les-disciplines-universitaires/ ).

  4. Chouette article, qui donne matière à réflexion ! Dommage que les vidéos de CorteX n’aient pas l’air de vouloir marcher…

  5. Une piste de recherche qui vaudrait le coup d’être explorée, c’est celle de l’histoire.
    Par exemple l’histoire des religions ou celle du droit de vote.
    Ainsi, en ce qui concerne le droit de vote en France qui n’a été obtenu qu’en 1944 une explication qu’il m’a été donné d’entendre est que les vieux radicaux du sénat s’y étaient opposés à la fin des années 30, les femmes étant considérées comme trop soumises à la religion catholique.
    Dont le Pape avait préconisé ce droit dès 1919.
    Prétexte ou fait établi ? je n’en sais rien mais il y a sûrement des historien(ne)s qui ont planché là dessus.
    Cordialement

  6. Oh oui, bien sûr l’histoire est intéressante et je ne l’ai pas du tout abordée dans cet article, où je me suis concentrée sur le présent et les liens avec la science. Concernant le droit de vote, d’après ce que j’ai lu, il y avait une peur des sénateurs que ce soit un moyen pour l’Eglise d’avoir une influence politique, mais ils étaient aussi conservateurs et misogynes… donc. Toujours est-il que les premières votantes votaient effectivement plus à droite.
    D’ailleurs, d’autres événements rendent compte que ce sont aussi les femmes qui participent d’un système inégalitaire, étant pendant longtemps contre l’avortement et ne revendiquant pas une égalité de salaires.
    Sur le sujet très vaste, je vous conseille un très beau livre de coécrit par des historien(ne)s, http://www.amazon.fr/La-place-femmes-dans-lhistoire/dp/2701153913

      • J’ai profité d’une insomnie pour lire le résumé que vous mentionnez. C’est intéressant et la question que je me pose c’est le pourquoi de cet état de fait.
        Les pistes « physiques » dont celle de la maternité comme le volet éducatif comptent certainement, mais cela ne suffit pas. J’ai été frappé dans dans ma vie professionnelle (systèmes et réseaux, gestion de projets) par l’absence de femmes (5% maxi) : il n’y a là rien de corporel, on travaille surtout par missions ce qui devrait laisser la place aux moments de maternité, les femmes sont plutôt bonnes en sciences et en techniques à l’école, et sur un secteur professionnel nouveau, il devrait y avoir moins d’inertie. Il y a donc autre chose.
        Ma seule très vague idée tient autour de la façon dont les hommes s’arrangent entre eux plus facilement et surtout plus rapidement, même quand il s’agit de décider d’un conflit. Mais je suis surtout perplexe. Un revenu de base universel ouvrirait peut être des perspectives…

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