Open science

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jeu sérieux, sciences collaboratives, Technologie et innovation

“Tu veux rester étudiante toute ta vie !?” 

Dimanche, quatorze heures trente, entre le fromage et le dessert, votre fille vient de vous annoncer qu’elle veut faire une thèse. Vous ne savez même pas ce qu’est ce machin, vous qui avez arrêté les cours peu après le Bac. Et vous ne vous en portez pas plus mal maintenant !

“T’es sûre ? Tu ne voudrais pas plutôt monter une boîte, diriger, décider, être importante. Enfin t’engager dans la vraie vie, quoi ?!”

Soudain, vous vous imaginez à soixante dix ans, en train de croupir dans un lit d’hôpital, sans pouvoir compter sur l’aide de votre fille, éternelle étudiante insouciante et fauchée. Avec une inquiétude non dissimulée, vous tentez donc une dissuasion un tant soit peu malhonnête. 

Et c’est bien normal !

Nous avons tous en tête l’image de Newton somnolant sous un arbre. La douceur de sa sieste est soudain dérangée par une pomme qui s’écrase sur son cuir chevelu. C’est ainsi qu’il découvre l’attraction gravitationnelle. La langue d’Einstein et ses cheveux grisonnants ont également subi une propagation virale dans notre société. Telles des icônes savantes, ces images diffusent l’idée que les scientifiques sont un peu fous et rêvassants. Loin, très loin des préoccupations de la vie de tous les jours.

Alors vous êtes inquiets. 

Et vous n’êtes pas seuls ! Prenez, Célya Gruson-Daniel par exemple ! Après avoir fait un stage en laboratoire, elle a décidé de ne pas continuer en doctorat. En cause : trop d’individualisme, de carriérisme douteux, et le poids d’une évaluation constante qui se base sur le nombre d’articles publiés dans les revues spécialisées telles Science ou Nature. Bref, un environnement coincé qui empêche toute prise de risque et n’incite pas vraiment à la création. Alors plutôt que de s’enfermer dans cette administration du siècle dernier, elle est partie voler de ses propres ailes et a créé, dans les années deux mille, une communauté qui fait la part belle aux sciences collaboratives et à l’open-science. HackYourPhD, (PhD, terme anglais provenant de Philosophiæ doctor et désignant le doctorat) a le mérite de braquer les projecteurs sur une autre façon de faire de la science. 

 

Mais il est difficile de comprendre les objectifs de cette communauté. Le site est sûrement mal fait et c’est bien dommage. On y trouve tout un tas de ressources au fort potentiel : des rencontres avec des personnes dirigeant des laboratoires hors du commun de l’autre côté de l’Atlantique et des comptes-rendus de conférences sur les sujets des sciences collaboratives. Seulement, les interviews sont mal réalisées et les témoignages et récits non structurés. Comme autant de post-its reliés les uns aux autres de façon purement fortuite. On ne comprend jamais vraiment de quoi ça parle. Si l’on pensait pouvoir trouver une exposition claire et une critique argumentée des différentes méthodes de recherche, forcément on est déçu. Mais ce qui me dérange le plus, c’est que leur message, même confus, incite à penser qu’un chercheur, en France, est égoïste, reclus, devenu incapable de créer et que l’open-science va le sauver.

 

Alors que, nom d’une cacahuète, être chercheur, c’est et ca restera être libre de faire la recherche que l’on veut comme on veut ! (sous réserve de trouver des financements, et d’être un tant soit peu doué …) Il est évident que tout n’est pas rose dans le monde de l’académie. Notamment avec les coupes budgétaires et l’inadmissible loi Sauvadet qui obligent nombre de jeunes chercheurs et ingénieurs à déserter la recherche. Mais le milieu académique s’est toujours caractérisé par sa diversité puisque chacun des chercheurs qui le compose crée sa recherche et sa façon de faire de la recherche ! Et les chercheurs n’ont pas attendu que soit inventé le terme “open-science” pour faire de la science collaborative et citoyenne.

Vous doutez ? Voici, des exemples à foison, français qui plus est, et qui, promis, seront détaillés sur ce site lors de prochains posts.

Parce qu’on peut être chercheur et …

créer une start-up, initier des plateformes de communication et d’échanges, présenter la météo à la télé, faire de la science intergouvernementale et recevoir le prix nobel de la Paix, écrire un bouquin, créer des jeux très sérieux, inventer les thérapies numériques de demain, contribuer au développement social, économique et culturel des pays du Sud, participer à la création d’objets artistiques, fournir des conseils d’experts aux entreprisesréaliser des vidéos Youtube hautement drôles et instructives, aider les politiques à prendre des décisions, écrire une émission de radio, et quand il reste encore un peu de temps, faire de la recherche !

Voilà de quoi rassurer votre papa ! Etre chercheur, c’est la possibilité d’avoir de multiples casquettes. De jongler avec tout un tas d’activités importantes, et en plus passionnantes. Bref, c’est la classe ! Et c’est le message qui devrait ressortir de sites comme HackYourPhD. Parler des possibilités, oui !, mais aussi des initiatives et d’exemples concrets. Parce que c’est de là que naissent les inspirations et passions.

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