Les JO d’hiver du futur

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pensée du mois, Système Terre
Projet Lilypad, Vincent Callebaud Architectures

L’événement est complet depuis plusieurs mois déjà, mais avec son pass VIP, Kelti se faufile parmi la foule qui se presse pour assister à l’épreuve phare des Jeux Olympiques d’Hiver : la plongée en profondeur. Il passe fièrement devant de nombreuses personnes fatiguées de l’attente longue sous le soleil écrasant. Du haut de ses 10 ans, il prend un air important mais au fond de lui, il est terrorisé par tant de grandiose. Après quelques minutes de minauderie feinte, il passe le portail de sécurité sans accroc et entre enfin dans l’antre du spectacle.
Le stade olympique peut accueillir plus de 100 000 personnes. Il a été construit comme un gigantesque amphithéâtre épousant les contours de la côte, embrassant l’océan. Mais au lieu d’une vue sur l’infini bleu, un énorme écran diffuse ce qui se passe plus loin, en pleine mer, sur la plateforme des sportifs. On a attribué à Kelti une des meilleures places. Sur les premiers balcons, il est seul face à l’écran. Son regard parcourt l’immensité du stade, il a une vue imparable sur la fosse qui déborde d’humains. Quelques places plus loin, il aperçoit son père, entouré de toute son équipe municipale. Kelti est tellement fier d’être le fils du maire de Rio de Janeiro. Sans lui, il n’aurait pas ce pass autour du cou, qui lui donne l’accès à de nombreuses facilités du village olympique. Il a ainsi pu assister à des épreuves de danse sous-marine …

Crédits : Franck Seguin 

base-jump sous-marin, saut à dos de dauphin, … Mais la plus spectaculaire reste celle d’aujourd’hui : la plongée en apnée au-dessus des abysses. C’est à celui qui ira au plus profond, avec tous les risques liés aux pressions extrêmes atteintes par les plongeurs.
Kelti se rappelle que les Jeux de Rio ont bien failli être bouleversés par une véritable révolution : la greffe de branchies, désormais possible. Cependant, par précaution, le procédé étant encore trop neuf, et pour des raisons d’équité, le CIO a finalement opté pour l’interdiction de la participation de ces sportifs d’un nouveau genre. Pour Kelti, ces technologies sont le rêve d’une vie loin des villes, plus près de la faune marine. Son père, plus prudent, a été clair à ce sujet. C’est non ! Kelti sait donc exactement la première chose qu’il fera lorsqu’il aura atteint la majorité. Le stade, jusque là animé et bruyant, se calme peu à peu. L’heure approche. La tension monte. Ses voisins, anxieux, ont déjà enfilé leurs lunettes 3D.

Rio accueille aujourd’hui les cinquièmes JO d’hiver subaquatiques. Kelti n’était pas encore né lorsque le CIO a finalement sorti au grand jour son nouveau projet. Les températures augmentant, les canons à neige devenaient peu à peu inutilisables. En 2080, seule une quinzaine de villes étaient encore suffisamment proches de montagnes enneigées, mais moins de la moitié était capable d’héberger les milliers de personnes se déplaçant du monde entier. C’est lorsqu’on a pu compter les candidates éventuelles sur les doigts de la main que le CIO a dévoilé son projet. Fini la neige, place à l’eau !
Le niveau des mers montait encore et encore et les hommes fortunés commençaient à s’agglutiner sur des villes flottantes ultra-sécurisées. C’est désormais là que se dérouleraient les JO ! La ville flottante, trop petite pour héberger tout le monde, était réservée aux sportifs et à quelques privilégiés. Et pour que les jeux soient encore un spectacle avec spectateurs, la mégalopole terrestre la plus proche se munirait de grandioses infrastructures accueillant touristes, journalistes, stars, fêtes gigantesques et spectacles sportifs. Les compétitions étaient de toute façon retransmises en direct dans le monde entier. A part les quelques skieurs encore existants, tout le monde avait très vite pris goût aux nouveaux JO. Les jeux d’hiver, le long des plages chaudes de l’hémisphère Sud, cela avait un goût de paradis. Le nombre de touristes avait littéralement explosé.

Ce jour-là, Kelti supporte Juan, le brésilien porté favori. Son père avait passé beaucoup de temps à lui expliquer l’injustice perpétrée pendant plusieurs siècles. Il avait eu du mal à imaginer que les Jeux d’hiver aient pu, auparavant, exclure tant de monde, y compris le Brésil son cher pays. Mais maintenant, devant l’écran, Kelti sent que l’histoire tourne. Il le sait. Juan sera le premier brésilien médaillé d’or des JO d’hiver !

Retour en 2014 !
Les greffes de branchies n’existent pas encore mais le changement climatique, c’est maintenant !
Selon une étude de l’Université de Vancouver, Sotchi ne pourra plus accueillir les JO d’ici à 40 ans (lire).
Selon les climatologues, parmi les zones les premières affectées par le changement seront les pays pauvres (lire).

Face aux climato-sceptiques en tout genre, les scientifiques du monde entier se sont armés. En France, l’Institut Pierre Simon Laplace fait de réels efforts de communication sur ce sujet controversé. Il a ainsi participé, en collaboration avec l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, et l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, à la création d’une plateforme riche d’informations, où l’on apprend beaucoup, entre autres, sur la monté des mers

ou la modélisation du climat :

 
 

Un petit livret a également été édité, téléchargeable gratuitement par n’importe qui Climat : modéliser pour comprendre et anticiper.

Une très grande majorité des scientifiques sont d’accord alors pourquoi ne pas les croire ? 

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