Catch the fish if you can

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Bande dessinée, biodiversité, pensée du mois

Il y a une quinzaine de jours, une BD contre le chalutage profond faisait le buzz sur le net. La BD a, par ailleurs, donné un sacré coup de pouce à la pétition de l’association Bloom quelques jours avant le vote du Parlement européen sur la réglementation de la pêche en eaux profondes. Si certains des chiffres avancés par Bloom ont été remis en question par leurs opposants, cette technique de pêche en eaux profondes n’en paraît pas moins dévastatrice pour les écosystèmes marins. Mais peut-on signer la pétition et continuer à manger du poisson ? 

Pénélope Bagieu, illustratrice et dessinatrice de Joséphine, a utilisé son savoir-faire pour faire entendre la cause de la vie marine en profondeur. 

Sa Bd est pleine d’humour, et expose clairement les arguments de l’association Bloom, contre le chalutage profond : destruction d’une biodiversité sans équivalent, qui a toutes les chances de receler de précieuses découvertes tels que des vaccins, tout ça pour pêcher trois pauvres espèces de poissons. Ajoutez à cela une rentabilité ridicule, à part pour les gros groupes comme Intermarché qui perçoivent des subventions européennes. Voilà de quoi être abasourdi d’absurdité. 
Des arguments qui ne font ni une ni deux, un humour dévastateur, et hop, la BD a été partagée de façon virale sur le net. Ce qui n’était pas pour déplaire à Bloom, qui a vu le nombre de signatures à sa pétition exploser. Pétition qui demande au gouvernement européen de voter l’interdiction de la pratique.
Cependant, après quelques jours de buzz, Terra Eco et Le Monde donnent la parole aux parties adverses, Blue Fish, association de pêcheurs, et Scapêche, filiale pêche du groupe Les Mousquetaires (Intermarché). Les sources de vérification sont rares mais ils réussissent à dénicher des travaux de chercheurs de l’Ifremer qui démontrent un faible danger de cette pratique de pêche. Des travaux faussés selon Bloom. Et une bataille de chiffres s’ensuit… D’un côté, on avance le chiffre de 3 espèces pêchées pour 97 rejetées à la mer, de l’autre seul 20% de la pêche serait rejeté. Mis à part le fait que les deux ont sans doute raison (peut-être que les 3 espèces pêchées représentent 80% de la pêche), il paraît difficile de démêler le vrai du faux. Cependant, de nombreuses études de par le monde ont montré les effets négatifs de cette pratique, déjà interdite dans certains sanctuaires marins aux fonds très fragiles et riches en biodiversité.

Nous voici donc face à un conflit d’intérêt, avec d’un côté les pêcheurs et supermarchés, et de l’autre les « protectionnistes » de l’environnement. Une bataille économique qui continuera devant le Parlement Européen le 10 décembre, jour où la réglementation sur le chalutage profond sera remise en question. 

C’est donc là que tout se joue, c’est là que nous pouvons prendre le pouvoir, à l’aide de cette pétition. Changer le monde ! Un clic, ce n’est pas grand-chose … 
… et ça peut faire beaucoup ?
Mais si ces gens vont chercher des poissons aussi loin, c’est très sûrement parce qu’ils les vendent.

Alors, peut-on signer et continuer à agir comme si de rien n’était ? A quand un boycott d’Intermarché ? A quand un réel engagement à ne plus manger autant de poissons ?
Car comme vous le savez, le chalutage profond n’est que la partie émergée de l’Iceberg. Ce sont les mers entières qui sont pillées.

 

 

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