Le cône de lumière

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culture, musique, pensée du mois

Une fraîche nuit d’été, sérénité et ciel dégagé, je m’allonge sur le sol. Emmitouflée dans l’herbe, éclairée par les étoiles, le calme nocturne que j’observe appartient déjà au passé.
Parce que la lumière ne voyage pas instantanément, nous voyons le soleil tel qu’il était il y a 8 minutes, et nos pieds comme ils apparaissaient il y a 5 milliardièmes de secondes ; le temps pour les photons, ces particules de lumière, d’arriver jusqu’à nos yeux. Les physiciens appellent ce présent relatif le cône de lumière, étant donné la forme géométrique qu’il prend dans l’espace-temps, représenté avec 3 dimensions. En effet, plus l’objet est loin dans l’espace, plus il l’est également dans le temps.
Cône de lumière, un nom si doux pour un présent si furtif.

Je me demande à quoi ressemble le cône de lumière des gens autour de moi. Chacun est prisonnier de sa vision du monde, périmée, déformée, relative, partielle. Le présent nous aliène à la solitude de notre vie insignifiante. Il est notre plus grande frustration.
Cependant, si du sommet du cône je ne peux percevoir que mon présent relatif, il existe d’autres dimensions : la pensée. Je nage dans mes pensées, qui réinventent le passé et construisent un futur. L’espace se complique, ce n’est plus un simple espace-temps à quatre dimensions. Il se replie sur lui-même, se courbe, se multiplie, se détend. Des éléments apparaissent ou disparaissent, se répètent, différents et pareils à la fois. Un espace de mises en abyme, qui palpite au rythme de mon cœur, qui renaît à chaque instant. Je me nourris du passé, je prévois l’avenir. Je prévois les avenirs.

Le cône de lumière est noyé dans cet espace complexe. Et pourtant, c’est la seule vision du monde qui nous entoure. Le présent, de par la richesse profondément sous-estimée de ses imprévus, est le seul engrais de notre imagination fertile.  Et il n’appartient qu’à nous de prendre soin de nos graines pensées dans le creux du présent pour que, du futur, poussent des fleurs.

Mêler présent et futur, passé et avenir, c’est ce que fait Yves Blanc, chaque semaine, avec son émission radiophonique La Planète Bleue. Après avoir roulé sa bosse auprès des programmes musicaux les plus innovants et décalés, « Megamix » sur Arte, ou encore « Culture Club » sur France Inter, Yves Blanc continue, à l’aide de son émission, de bousculer notre confort mimétique. Avec délicatesse.
Pour nous, ce chercheur de sons débusque des délices auditifs novateurs, façonnés aux quatre coins du globe. Il les assemble, ensuite, minutieusement et les sublime en un film de science fiction musicale. Un travelling sonore d’une heure, qu’il offre à nos oreilles tous les samedis sur la radio Couleur 3, et en Podcast tous les autres jours.

En partageant cette beauté créée par l’Homme, il sème des graines dans nos cœurs. Nous oublions, un instant, l’imperfection et la solitude de notre cône de lumière et nous nous sentons parties intégrantes d’un monde sensible et transcendant.

Puis, sa voix posée et apaisante nous invite, lors de quelques interventions parlées, à suspendre le temps et à l’écouter avec attention. Couvrant des sujets peu médiatisés, allant de la culture aux nouvelles avancées scientifiques, il aime à nous décrire le futur de notre présent. Nous ressentons alors la fragilité de ces graines, qui viennent d’être posées en nous, dans un monde violent et peu soucieux de respecter ses richesses.

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Yves Blanc est aussi producteur de la collection La Planète Bleue, 7 volumes édités à ce jour ! 

Chaque semaine sur La Planète Bleue, Yves Blanc nous rappelle subtilement qu’il faut prendre soin du futur. Dès maintenant. Pour que, de nos graines, poussent des fleurs.

Voilà bientôt 18 ans que La Planète Bleue diffuse ses effluves sonores sur les ondes de la radio. Une pérennité exceptionnelle mais qui n’a rien de surprenant ! Car en nous incitant à rêver l’avenir tout en gardant les pieds dans l’herbe, Yves Blanc réveille le chercheur qui sommeille en chacun de nous.

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