Des études ! Mais pour quoi faire ?

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pensée du mois, philosophie

Pourquoi faire des études si c’est pour finir au chômage ?
La génération des 20-35 ans, la mienne, est mal lotie. Il paraît que l’école n’est plus un ascenseur social comme nos parents ont pu en profiter à l’époque. Aussi étrange que cela puisse paraître, faire des études n’apporte plus un épanouissement professionnel évident. Alors, pourquoi s’embêter à passer des années sur les bancs scolaires ?

David Foster Wallace défend ardemment les études, littéraires notamment.
David est un écrivain américain acclamé pour son monument satirique de plus de 1000 pages Infinite Jest (non traduit en français). Il est également un journaliste et enseignant américain. Lors d’un discours de remise des diplômes universitaires au Kenyon College en 2005, il présente sa vision de l’apport universitaire avec pragmatisme et spiritualité.

Pour cela, il parle du quotidien. Du quotidien de tout un chacun. Le quotidien des fins de journées passées dans les embouteillages et dans les supermarchés. Un quotidien fait de frustration, d’ennui et d’énervement.
Mais que viennent faire les études au supermarché ?

David Foster Wallace est en fait un peu philosophe. Il présente, dans son discours, l’éducation littéraire, non pas comme l’art d’apprendre comment penser, mais comme l’art de choisir quoi penser. Avec une étonnante simplicité, il présente la vie comme un choix de valeurs.
Le bonheur et la réalisation de soi passent par le don de soi, le sacrifice et l’attention portée aux autres. Selon lui, choisir d’autres valeurs, telles que l’argent, le pouvoir ou l’intelligence, est possible, mais cela mène forcément au mal-être et à la frustration. Et c’est ce que nous rappellent tous les mythes, paraboles et proverbes existants.
Sauf que tout le monde est en fait automatiquement, inconsciemment, égoïste. Nous voyons le monde uniquement à travers nos yeux et à travers nos petites boîtes crâniennes. L’indulgence, la générosité et la compassion sont donc des choix qui demandent du travail, et un certain entraînement.

Selon David Foster Wallace, la valeur de l’éducation littéraire est non pas le diplôme obtenu mais la prise de conscience de notre égoïsme par défaut, et l’entraînement à voir le monde sous un autre angle, l’entraînement à choisir quoi penser et quelles valeurs vénérer.

Et c’est là que le supermarché et les embouteillages interviennent ! Parce que c’est dans ce genre d’endroit où notre égoïsme par défaut est le plus flagrant. Fatigué après une journée de travail, tout semble en travers de notre chemin, rien n’est assez rapide. Des moments idéaux pour mettre à l’épreuve notre capacité à choisir comment penser !
Finalement, pas besoin de connaissances mais juste d’avoir conscience ! Avoir conscience de ses automatismes et vouloir les maîtriser. Et qu’est-ce donc sinon de la recherche sur soi ?

En nous parlant de l’éducation comme prise de conscience, David Foster Wallace réveille le chercheur qui sommeille en chacun de nous.

Voici une jolie vidéo, très travaillée, illustrant une partie du discours de David F. Wallace. Même en anglais, elle vaut le coup :

http://dotsub.com/media/6b8cc93f-3b53-486b-a1ce-025ffe6c9c52/embed/fre_fr


Vous pouvez aussi accéder à la version anglaise du discours complet, ou à une traduction approximative en français.

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